« God often speaks to me through Christian Dior »

Publié le par sharkjumping

Ces temps-ci, le monde des séries ne tourne plus qu’autour des nouvelles productions programmées pour la rentrée prochaine. Alors que Shonda Rhimes se lance dans une série « historique » de la fin du XIXè qui se focalise sur le lancement du premier grand hôtel de luxe américain, JJ Abrams ou encore Louie C.K travaillent également déjà sur leur prochain poulain. Si CBS mise tout sur un remake de Dallas (que l’on peut d’ores et déjà considérer comme une bouse de niveau international), ABC cherche une remplaçante pour sa chère et tendre Desperate Housewives, dont la saison 8 sera la dernière.

 

ABC, dont les choix de programmation commencent dangereusement à se rapprocher de ceux de TF1 a donc misé sur GCB, un acronyme absolument opaque pour les néophytes, qui signifie officiellement Good Christian Belles, et officieusement Good Christian Bitches, son titre original.

 

e3464a7df00ee261caa69e71e9c6e56e.jpg


La chaîne a donc une inclinaison toute particulière à vouloir censurer les Bitch de ses titres, puisque son autre production Apartment 23 s’appelait d’abord Don’t Trust The Bitch In Apartment 23, puis Don’t Trust The B--- In Apartment 23, avant de devoir se contenter du titre raccourci, sauvant le monde de l’apocalypse en retirant cette immonde grossièreté.

 

N’y allons pas par quatre chemins, j’ai trouvé GCB totalement désastreuse. Je n’ai non seulement pas ri une seule fois, mais j’ai sincèrement dû lutter pour ne pas piquer du nez devant cette accumulation de stéréotypes, clichés et artifices pourtant déjà usés jusqu’à la corde.

 

L’histoire :

 

Amanda Vaughn (incarnée par une Leslie Bibb au charisme inexistant) est forcée de retourner dans sa ville natale, Dallas, après la mort de son riche mari, décédé dans un accident de voiture alors qu’il tentait de fuir le pays avec sa maitresse et son argent. Un chic type, donc.

 

Capture-d-ecran-2012-03-07-a-15.49.41.png


(La raison pour laquelle le mari a perdu le contrôle du véhicule) 
(Non, la dame n’est pas en train de chercher quelque chose dans la poche du monsieur avec ses dents)

 

Amanda est évidemment devenue une femme respectable qui ne savait pas que son mari était un couillon, mais son passé de Queen Bitch du lycée lui revient vite dans la face lorsqu’elle doit revenir vivre chez sa mère, dans les suburbs de Dallas, dans lesquels habitent encore toutes ses camarades de lycée.

 

Evidemment, elles sont quatre. Evidemment, elles aiment les gossips. Evidemment, elles la détestent. Voilà, on a fait le tour de l’épisode Pilot.

 

Les « POUR » :

 

Oui, parce que je ne suis pas une Bitch, je vais quand même parler des points positifs. Je n’en ai décelé que deux (mais franchement, c’est déjà pas mal).

 

1 – Kristin Chenoweth

Je l’ai découverte dans Pushing Daisies, série qui lui a fait gagner un Emmy, mais elle avait déjà joué dans A la Maison Blanche. Kristin Chenoweth est une actrice mais aussi une chanteuse brillante qui fait une excellente carrière à Broadway et dispose d’un potentiel comique remarquable. D’ailleurs, ABC a complètement orienté la promotion de la série sur l’actrice, pourtant second rôle, comme on peut le voir sur les affiches.

 

ABC-GCB-Poster 

 

Et on l’a foutu là-dedans, dans le rôle de la Bitch qui déteste la héroïne et va lui rendre la vie dure pendant une saison. Enfin, s’il y a une saison entière… Il ne reste qu’à espérer pour elle que ce ne soit pas le cas, et que l’actrice n’a pas signé un contrat de plusieurs années, sinon elle peut dire adieu à sa réputation, son talent et sûrement son avenir artistique…

 

2- Dallas

La seule chose qui m’ait agréablement surprise : les accents plutôt crédibles (bien qu’exagérés), le côté Amérique profonde qui s’est enrichie grâce au pétrole mais qui n’a pas gagné en goût, que ce soit en décoration d’intérieur ou pour les vêtements (gros colliers à perles et chapeaux de cowboy sont au rendez-vous), les personnages beaufs et blasés à la fois.

 

3 – Le C de GCB

Alors que certains trouvent que la série manque de références à la chrétienté je trouve que c’est le seul côté intéressant de la série. En fait, les GCB qui vivent à Dallas excellent dans l’incarnation de nombreux péchés capitaux (la luxure, l’orgueil et la gourmandise sur le podium) mais se définissent comme de parfaites chrétiennes qui vont à l’église tous les dimanches et régissent leur vie selon les versets de la Bible. Le contraste entre l’image vertueuse qu’elles essaient toutes de donner et les coups bas qui ponctuent leur quotidien pourrait être source de blagues ou de situations comiques… Mais les scénaristes ont tout simplement loupé le coche.

 

J’ai dû rire une seule fois, quand Chenoweth annonce au téléphone « I had to get some work done and somebody messed up my colon » avant de se retourner et de s’adresser à son garagiste pour lui dire que la virgule (« colon » en anglais a un double sens particulièrement subtil) est mal placée sur l’autocollant qu’il vient de poser sur sa voiture.

 

Capture-d-ecran-2012-03-07-a-16.16.05.png

 

Bref. Heureusement que j’ai un humour scatologique très développé.

(je regrette déjà d’avoir écrit ça, j’imagine déjà à quoi vont ressembler les recherches Google de la semaine prochaine)

 

Les « CONTRE » :

 

- Le côté Desperate Housewives en beaucoup moins subtil. Je me souviens de la saison 1 de Marc Cherry, c’était à l’époque une pure merveille… On en est bien, bien loin.

 

- L’esthétique dégueulasse. On dirait que tout a été créé en papier mâché jaune fluo, des décors aux visages des actrices.


- L’intrigue PLUS que prévisible. - Les lecteurs intéressés par visionner l’épisode Pilot devront s’abstenir de lire les prochaines lignes de ce post –. De la mère responsable des cadeaux « secrets » qu’on envoie à sa fille ou du mari d’une des housewives qui est secrètement gay… Aucune surprise, aucun retournement de situation, pas de suspense ni de fil rouge en vue ; mais comment GCB va-t-elle pouvoir survivre plus longtemps que deux épisodes ? A moins de faire venir Nicolette Sheridan (qui est actuellement en plein milieu d’un procès contre Marc Cherry qu’elle accuse de l’avoir giflée) (clairement elle n’a jamais tourné dans Dynasty, Joan Collins lui aurait filé des baffes à chaque épisode) pour mettre un peu de piment dans cette comédie plate, je ne vois pas…

 

- Des acteurs insignifiants. Annie Potts joue une mère délurée qui refuse de vieillir mais qui n’a ni profondeur ni dimension comique à apporter, tandis que les 3 housewives de second plan sont réellement insignifiantes. Un conseil, ne retenez pas leur nom, ça n’en vaudra jamais la peine.

 

stvp1476681112.jpg

 

« Quizz Shark Jumping : Combien de litre de Botox comptez-vous sur cette image ? »

  

- Une bande-son totalement inutile qui n’est là que pour nous dire si on a affaire à une séquence drôle ou si on doit être triste. Et heureusement, finalement, parce que l’on a tellement tendance à détourner le regard de son écran qu’il faudrait un chauffeur de salle à côté de chaque téléspectateur pour en tirer ne serait-ce qu’une infime réaction.

 

En fait, la seule raison de regarder le Pilot de GCB, c’est de pouvoir relire cet article et se dire « ah ouais, c’est trop vrai ça, franchement Shark Jumping c’est vraiment un blog trop bien ! ».

 

Alors bonne relecture !

Publié dans Actualité

Commenter cet article