Guess I still know a peach when I see one

Publié le par sharkjumping

Je ne m’y étais pas mise depuis la rentrée de Septembre 2011, et j’avais tort. Je te l’annonce, HBO peut encore faire des séries TV.

 

Alors oui, je sais que se côtoient sur cette chaîne Curb your Enthusiasm, Treme ou encore Boardwalk Empire, mais je n’ai pas encore eu la joie de regarder les deux premières, et la dernière a du mal à me transformer en une addict du même niveau qu’une fan de Justin Bieber avec son appareil dentaire et ses couettes.

 

De même, Tru Blood reste une série intéressante, mais le fait qu’elle se soit octroyée le droit de faire tout et n’importe quoi (coucou were-panthers) avec ses personnages et son scénario m’a laissé un peu interdite.

 

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’eu décidé de me mettre à Enlightened (qui surfe sur le créneau des « dramédies » avec pour héroïne une femme en pleine crise de la quarantaine, thème cher à Showtime) et que je remarquai son potentiel exceptionnel, qu’il serait criminel de ne pas mentionner.

 

Puis, je suis passée à la dernière nouveauté du moment, j’ai nommée Luck.

 

luck


Cette série, qui ne sera lancée officiellement que le 29 Janvier 2009, a en effet laissé échapper son épisode Pilot, réalisé par Michael Mann (The Insider, Ali, Collateral, Public Ennemies), diffusé par HBO le 11 décembre 2011.

 

Si je devais résumer mes impressions, je le ferais en une phrase ; je n’ai jamais été aussi impatiente de voir la suite d’une série dont je n’ai pas compris la moitié des dialogues.

 

Comment t’expliquer.

 

Luck, c’est une série qui se déroule dans le monde des courses hippiques, et qui couvre un panel de différentes catégories sociales, du jockey aux entraineurs en passant par les joueurs maladifs sans oublier les gros mafieux (ceux qui font du « Gorilla business » comme il est dit dans le premier épisode, à défaut de ceux qui font du « monkey business », qui caractérise pourtant déjà un degré élevé de magouille), incarné par – je te le donne en mille – Dustin Hoffman.


Capture-d-ecran-2012-01-05-a-12.57.13-copie-1.png 

 

(Je suis un mafieux qui vient de sortir de prison et je retourne dans mon royaume pour reprendre le pouvoir, alors j’arbore un air à la fois réfléchi, fermé, agressif et inspiré, parce que le futur m’appartient)

 

Dustin Hoffman, alias Chester "Ace" Bernstein, a le rôle pour l’instant le plus mystérieux de la série ; on sait qu’il a pris 3 ans ferme pour ses activités illégales dans les courses hippiques, qu’il est surpuissant et respecté de tous, et qu’il a des projets plein les poches pour s’enrichir, notamment par l’acquisition d’un hippodrome (qui n’a été que très peu développée pour l’instant).

 

Le plus drôle dans ce Pilot d’une heure, est que notre ami Dustin n’est pas du tout au centre de l’action, il dispose du même temps d’apparition à l’écran que tous les autres, voire moins.  

 

Ce qui est ironique, car à la base, la série a été promue en tant que « must-see », de part le pilot réalisé par Mann, mais aussi pour la présence de ce grand acteur que tout le monde connaît, dont même ma mamie pourrait prononcer le nom (et pourtant, elle dit Hugues Grant avec l’accent français). HBO ne peut d’ailleurs pas décemment réfuter cette information, car il suffit de regarder leurs affiches promo pour comprendre le créneau sur lequel ils ont désiré jouer, en tout cas pour lancer leur série.

 

Luck-HBO-poster

 

(Si là, t’as pas l’impression que tu vas aller voir un film de 2h sur les courses hippiques avec le personnage torturé mais puissant incarné par Dustin Hoffman...)

 

Et c’est bien dommage, cette idée marketing, car du coup elle rabaisse complètement la qualité de la série, qui est bien au-dessus de ce à quoi on pourrait s’attendre en voyant Dustin et son air vilain en gros plan sur une affiche verticale en A1. Car les gens qui s’attendent juste à le voir faire le show vont vite être déçus ; le show, c’est l’univers des courses, c’est les personnages, c’est les chevaux, c’est la manière de filmer (j’aurais pu compter le nombre de points noirs sur les naseaux du cheval), c'est la musique (oh générique, je t'aime déjà) c’est les dialogues.


            Capture-d-ecran-2012-01-05-a-13.17.43.png  Capture-d-ecran-2012-01-05-a-13.07.29.png Capture-d-ecran-2012-01-05-a-16.20.19.png Capture-d-ecran-2012-01-05-a-16.19.19.png Capture-d-ecran-2012-01-05-a-16.20.32.png

 

(Luck, c'est aussi eux)

 

Voilà, on y vient, à ces dialogues. Je n’aime pas me vanter, tu le sais bien (mais je suis quand même super cool et belle et drôle), mais concrètement je peux m’en sortir en regardant des séries en VO sans sous-titres. Alors si en plus je mets les sous-titres anglais, je comprends tout et même les jeux de mots pourris qui n’arriveront jamais à être bien traduits en français. Bref. Normalement ce n’est pas un problème, même dans les séries plutôt pointues (e.g grâce à Urgences, je peux te diagnostiquer un patient en anglais et ordonner qu’on lui fasse un CAT Scan les yeux fermés et n’oublie pas de push 2 ml of Atropine you dumb nurse !).

 

Cependant là, on est dans un tout autre niveau. C’est comme si j’avais moi-même tenté d’aller placer un pari (et pas comme quand tu choisi juste dans le journal local le jockey qui a la plus belle couleur de casaque) (t’es impressionné par ma maitrise du vocabulaire, hein) et qu’on m’avait expliqué en hongrois comment le faire.

 

L’avantage, c’est indéniablement le réalisme de la série. Je ne doute pas un moment du fait que les scénaristes ont fait leurs devoirs, et que le vocabulaire utilisé est accurate. De plus, comme rien n’a l’air d’être laissé au hasard, aucun personnage « ignorant » n’a été créé, i.e il n’y a pas un personnage qui ne comprend rien, comme nous, auquel on pourrait ainsi s’identifier et qui pourrait poser les questions à notre place (comme Carter dans la saison 1 qui ne sait pas comment intuber un patient). Et bien non, il n’y a personne pour t’aider, Luck se déroulera avec ou sans toi, et si tu veux la suivre il faudra s’habituer à parfois rester dans le noir, à attendre patiemment les informations que les créateurs de la série daignent disséminer minutieusement et précautionneusement au cours des épisodes.

 

Capture-d-ecran-2012-01-05-a-12.42.14.png

 

(Eux, ils cochent pas au hasard)


Au final, ce qui donne envie, c’est la « bande-annonce » diffusée à la fin du Pilot, qui nous donne un avant-goût de la saison qui arrive. Et je te le dis direct, ça va envoyer du pâté.

 

Ce qui est particulièrement intéressant est de se demander si les scénaristes vont parvenir à garder l’audience gagnée par la popularité des acteurs et de M. Mann (le côté « c’est la série de Martin Scorsese » s’est rapidement estompé pour Boardwalk Empire) et à captiver le téléspectateur afin qu’il soit, en plus de seulement impressionné par la qualité de la série, attaché émotionnellement à celle-ci.

 

Moi, j’y crois.


Good Luck !

 

 

 

(oh yes I did)

 

 

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article