House of Lies, du cynisme à revendre

Publié le par Marie Turcan

J’en avais dit beaucoup de bien mais n’avais pas pu aller plus loin dans le visionnage par manque de temps. Rattrapage effectué, le bilan est mitigé mais plutôt positif, ce qui est une bonne nouvelle pour Showtime qui a déjà renouvelé la série pour une deuxième saison.

 

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House of Lies a plusieurs atouts : elle est diffusée sur une chaîne câblée, elle hérite d’une esthétique très moderne et elle met en scène des acteurs connus, pour certains (ou plutôt certaine) en quête de renouvellement.

 

En regardant le Pilot, le téléspectateur est immédiatement plongé dans une atmosphère électrique voire épileptique : les scènes sont filmées avec de multiples caméras et les arrêts sur image, accélérés et ralentis sont fréquemment utilisés. Ces artifices donnent une impression de mouvement constant, à l’image des personnages qui n’arrivent jamais à se poser ou même se ranger.

 

En effet, la série met en scène un groupe de quatre « consultants », des experts qui volent d’entreprise en entreprise afin de les convaincre qu’elles ont besoin d’eux pour améliorer leur chiffre d’affaire. Marty Kaan (Don Cheadle), le chef du groupe, l’explique souvent en parlant face caméra, décrivant avec cynisme les dessous du métier, qui relève plus de l’arnaque légalisée que d’un job respectable. Mais il fait gagner des millions à des jeunes gens plus malins que les autres qui souhaitent mettre leur éducation « haravardienne » au profit d’une cause pas vraiment noble : l’argent.

 

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Qui de meilleur pour incarner ces experts avides de pouvoir et de rémunérations à plus de six chiffres que Don Cheadle, connu pour ses second rôles dans Out of Sight, Traffic ou encore Ocean’s Eleven, dont la série se rapproche parfois. L’acteur excelle dans son rôle d’expert sans scrupules, admiré de ses salariés mais également critiqué par les membres de sa famille, qui lui reprochent de ne pas être assez présent, notamment pour son fils Roscoe, qui aime s’habiller au rayon fille et garçon et tient un discours d’ouverture sexuelle du haut de ses dix ans.

 

A ses côtés, Kristen Bell (Jeannie dans la série) tente de s’imposer dans un univers masculin ainsi que de faire oublier sa prestation dans Veronica Mars (2004-2007), ou sa plus récente participation à Heroes (2007-2009). Si j’étais fort critique envers elle dans mon premier billet, je dois avouer que l’actrice s’en sort excellemment dans une série faite pour un public relativement mature (mais pas trop quand même). Elle incarne à la perfection une jeune femme à la fois forte et ambitieuse mais qui est prête à tout, même à offrir des faveurs sexuelles, pour arriver à ses fins.

 

Si la série peut ressembler à la saga « Ocean’s » de par ses retournements de situation qui arrivent toujours au bon moment, il est possible de la comparer d’autres productions productions, parmi lesquelles Hustle (Les Arnaqueurs V.I.P en France), à laquelle elle a été souvent comparée. Cependant, elle s’en démarque grâce à la liberté que lui offre Showtime.

 

Evidemment, les moqueries vont bon train sur la surreprésentation du sexe et de la drogue, pourtant un plaisir coupable pour de nombreux téléspectateurs qui ne retrouvent pas ce couple violence/sexe, qui fait le succès des chaînes câblées, dans les networks (ABC, CBS, NBC, FOX, CW).

 

Toutefois, la série qui semblait être au départ un divertissement de catégorie moyenne, pas vraiment au niveau de Showtime, a peu à peu développé son côté cynique afin de pousser ses personnages dans leurs derniers retranchements. Le téléspectateur observe alors la lente descente aux enfers des protagonistes, qui n’arrivent pas à changer d’attitude et retombent continuellement dans les mêmes schémas autodestructeurs, qui font d’eux des êtres humains frustrés, mais très riches.

 

Il est clair que la série a des défauts. Les deux experts restants, Clyde et Doug, sont aussi fades et inintéressant que Marty et Jeannie sont captivants. Le duo à la Laurel et Hardy a l’air de fonctionner mais on se rend rapidement compte qu’ils ne servent à rien (on se demande encore ce que Clyde fait dans l’équipe), et qu’ils peinent même à remplir le seul rôle que les scénaristes leur ont donné : le « comic-relief ».

 

Dire que House of Lies est une série qui entre dans la catégorie des « dramédies » serait une erreur : la série n’est pas drôle; elle est triste et cynique. Certes, on peut s’amuser des déboires amoureux de Doug, de l’impertinence de Marty ou encore des sautes d’humeur de Greg (interprété par Greg Germann que l’on se réjouit de revoir sur le petit écran après Ally McBeal, surtout quand il lâche des "moving on" en plein milieu d'une conversation), mais on est surtout mal à l’aise et désillusionné devant les vies déconfites par ces personnages qui s’autodétruisent à petit feu.

 

Au final, les aventures des experts qui roulent dans la farine des grands patrons d’entreprise ne sont que des excuses pour se focaliser sur les personnes au cœur d’un système avarié, et les scénaristes ont eu raison de partir dans cette direction, car elle donne une excellente impulsion pour la saison 2 qui sera, on l’espère, encore plus cynique que la première.

 

Publié dans Présentations

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