« If I wanted something your thumb touched I’d eat the inside of your ear »

Publié le par sharkjumping

Le 03 octobre 2011, Jason Bateman tweetait « It’s True. ». Et oui, ça l’est, Arrested Development reviendra en 2013 avec 10 épisodes ainsi qu’un film pour clôturer la série que je beaucoup de critiques qualifieraient de meilleure production comique de tous les temps.

 

Alors forcément, je suis contente.

 

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C’est la FOX qui décida de diffuser la série en 2003, un pari risqué qui s’est avéré être payant, car la série a raflé en seulement trois saisons six Emmy Awards, un Golden Globe et une solide fan base.  Pourtant, les audiences n’ont jamais été phénoménales et après avoir réduit la saison 3 de 22 à 13 épisode, FOX décida d’annuler la série en 2006, ne lui offrant même pas un Final digne de ce nom, puisque les quatre derniers épisodes ont été diffusés tous à la suite en une seule soirée en même temps que la cérémonie d’ouverture des JO d’Hiver sur NBC. Autant dire que la série s’est éteinte dans l’indifférence la plus totale.

 

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(Gotcha!)

 

Pourtant, la série était brillante.  Il serait possible de la comparer à Community (NBC) pour sa décadence et son intertextualité (qui fait des références à d’autres séries), mais bon nombre d’éléments l’en différencie.

 

Qu’est-ce qui a fait de Arrested Development une référence au niveau des séries comiques ? Pourquoi son retour sur les ondes (même si elle ne sera diffusée que par Netflix) relève du miracle ?

 

Voici toutes les raisons qui devraient convaincre les plus sceptiques de visionner les trois saisons avant 2013 (voire avant, parce que le re-visionnage est presque obligatoire une fois que l’on a chopé le virus). En plus, ça ne vous prendra qu’un jour, deux heures et trente minutes.

 

Le format

 

Chaque épisode dure 20 minutes, filmé caméra à l’épaule, presque comme un documentaire. Il n’y a évidemment pas de rires enregistrés, qui gâchent souvent bon nombre de sitcoms (ne croyez pas que les rires du public dans Friends sont spontanés, il suffit de regarder le making-off d’un des épisodes pour le comprendre) et le tout est lié par un narrateur omniscient extérieur à la série qui narre les faits et n’hésite pas à rajouter des commentaires lorsque les personnages sont en train de mentir.

 

Par exemple, lorsque Michael (Jason Bates) demande à son frère Gob (Will Arnett) s’il a bien fait ce qu’il lui avait demandé, ce dernier va répondre « Of course I dit ! » et le narrateur d’ajouter en voix-off « He didn’t. ».

 

L’histoire

 

Il est difficile de répondre à la question « mais ça parle de quoi, en fait ? » lorsque l’on essaie de convaincre ses amis, irréductibles fans de Cougar Town, qu’il existe une série qui va les faire changer d’avis sur la définition même du comique.  Arrested Developement c’est avant tout une production qui se focalise sur les relations entre les membres d’une grande famille, les Bluth, qui n’ont pour mots d’ordres qu’excès, avidité et décadence tout en étant tous plus stupides les uns que les autres.

Ce qui les rend absolument hilarants.

 

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Michael, le seul fils « normal » envisage de déménager pour les fuir et déserter également l’entreprise familiale, embourbée dans une affaire d’abus de bien sociaux. Il décide finalement de rester par pu esprit de famille… Et on se demande bien duquel il parle.

 

Les personnages

 

Car en effet, tous les personnages sont profondément égoïstes, complètement dérangés, absolument incapable de s’autogérer mais beaucoup trop fiers pour l’admettre. Le père de famille, George, a été mis en prison alors que sa femme Lucille passe ses journées à ne pas le pleurer en buvant des martinis et bashant ses enfants.

 

On trouve parmi eux Michael mais aussi Gob, Buster et Lindsay.

 

Gob est le rejeton de la famille, magicien raté qui recherche encore la reconnaissance paternelle qui ne lui est jamais accordée, il est spécialiste pour se mettre dans des situations improbables qu’il regrette toujours en énonçant la même phrase « I’ve made a huge mistake. »

 

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(Gob et Franklin, sa marionnette vedette, connue mondialement pour sa chanson "It ain't easy being white") 


Lindsay (Portia De Rossi) a évidemment des mother issues mais surtout des husband issues, car elle est mariée à Tobias (le génialissime David Cross), qui a, en plus d’être complètement tapé et émasculé (et homo refoulé) une passion pour les cut-offs, i.e ces petits shorts moulants en jean qu’il porte en permanence car il est un « never-nude ». Un jamais-nu. Le terme est assez transparent pour que je n’aie besoin d’aller plus loin dans les explications.

 

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(Mais une photo vaut mille mots.)

 

Buster, quant à lui, est le petit dernier chouchouté par sa mère mais inapte socialement. Il en vient à sortir avec la meilleure amie de sa mère, qui s’appelle aussi Lucille (mais qu’on appelle Lucille Two pour ne pas les confondre), incarnée par Liza Minnelli du haut de ses soixante ans.

 

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(Trouvez les 234 différences entre ces deux photos !)

 

Les acteurs

 

Arrested Development, c’est aussi et surtout une pléiade d’acteurs plus exceptionnels les uns que les autres.

 

Vous avez sûrement pu apprécier les carrières respectives de Jason Bateman (Juno, The Kingdom, Hancock) et Michael Cera décoller (SuperBad, Juno, Scott Pilgrim vs. The world) - malgré tout ce que les scénaristes lui ont fait faire, mais ce ne sont pas les seuls à avoir été révelés par la série.

 

Alors que Portia de Rossi (la seule qui était, avec Bateman, un peu connue avant le début de la série grâce au rôle de Nelle Porter dans Ally McBeal) n’est à présent plus connue que pour son mariage avec Ellen DeGeneres, Will Arnett, un habitué des séries comiques, s’est vu confier le rôle principal dans plusieurs nouvelles séries (Running Wilde, Up All Night) ainsi qu’un rôle récurrent dans 30 Rock.

 

Pourtant, Tony Hale (Buster), Jeffrey Tambor (George Bluth) et Alia Shawkat (Maybe) ne sont pas en reste… Mais c’est Jessica Walter qui me donne le plus de crises de fou-rire à la demi-heure.

 

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(Je ne comprends toujours pas pourquoi cette image n'a pas encore été déclinée en meme)


Mère indigne, ivrogne, narcissique, manipulatrice qui n’a jamais regardé un serveur dans les yeux, elle hérite des meilleures « one-liners » de la série avec des expressions comme « I don’t understand the question, and I won’t respond to it » ou encore « Michael, the little Korean is here, and I don’t know what to do with him. At least I think it’s a him. You’ve to strip them down to next to nothing before you could even tell. »

  

Les catch-phrases et private jokes

 

Tobias qui se peint le corps en bleu et lance un « I’m afraid I just blue myself » ou encore « Michael, you are quite the cupid. You can stick and arrow in my buttocks any time », Gob qui répète sans cesse qu’il a « made a huge mistake », des références constantes au Cornballer, une machine inventée par George Bluth Senior, interdite aux USA car ultra dangereuse mais qui a réussi à passer les tests sanitaires au Mexique… Si vous pensez que How I Met Your Mother regorge de Private Jokes, vous allez être servis par Arrested Development.

 

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(« I think I just blue myself »)


Mon préféré ? La chicken-dance, ou « danse de la poule mouillée », que tous les membres de la famille essaient d’effectuer alors qu’aucune imitation ne ressemble de près ou de loin à un poulet...


Les guests

 

En vrac.

Zach Braff. Jane Lynch. John Michael Higgins. Amy Poehler. Ben Stiller. Charlize Theron. Carl Weathers. Justine Bateman. Marc Cherry. Gary Cole. Tom Jane. Judge Reinhold. Richard Simmons. Liza Minelli. Ed Begley, Jr.  Scott Baio. Julia Louis-Dreyfus.

 

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(Vous pensiez que je ne pourrais pas faire pire que "Mon Beau-Père, mes parents et Moi"? Et bien si.)

 

Arrested Development c’est tout ça, et bien plus encore. Je pourrais en parler des heures, mais au bout d’un moment il convient de s’arrêter et de simplement en appeler à la curiosité et à la confiance des téléspectateurs en manque de série de qualité.

 

Alors faîtes-moi confiance. Trois épisodes, et vous serez sous le charme.

 

Et puis comme ça, on pourra regarder la saison 4 ensemble en 2013 !

Publié dans Présentations

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