Missing : encore beaucoup d’efforts à faire pour ne pas disparaître des ondes

Publié le par sharkjumping

Je suis une fan de la première heure de la série Alias, production de JJ Abrams qui a développé, en cinq saisons, tout ce que l’on est en droit d’attendre d’une série d’espionnage.

 

Ainsi, passer quarante minutes devant l’épisode Pilot de Missing (ABC) était un peu comme retourner à l’époque où rien n’avait jamais été fait en matière de thriller ou de suspense.

 

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Créée par Gregory Poirier, un américain au nom français qui a notamment écrit Le Roi Lion 2 (information on ne peut plus pertinente), Missing raconte l’histoire d’une ancienne agent de la CIA qui reprend officieusement du service lorsqu’elle apprend que son fils de 18 ans est porté disparu à Rome.

 

Ashley Judd, plutôt habituée du grand écran, y incarne cette « super maman », qui sait parler mille langues (pour le moment Anglais, Français, Italien et Allemand, même si son accent est particulièrement fort) et aime bien taper ses ennemis en portant un magnifique gilet en polaire rose.

 

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(Becca Winstone qui va combattre un agent des services secrets italiens avec un cintre)

  

Ainsi, même si son personnage, Becca, essaie de nous faire croire qu’elle est plus « une mère qui cherche son fils » qu’une ancienne agent de la CIA, on a du mal à être ému par sa quête émotionnelle tellement ses expressions faciales sont inexistantes. Et essayer de nous faire croire qu’elle dispose d’un instinct maternel, comme lorsqu’elle réprimande la jeune fille qu’elle interroge parce que celle-ci fume, semble être tout simplement hors propos.

 

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(Attention, dans trois secondes tu vas te faire arracher ta cigarette par une maman ours polaire rose)

 

De plus, les scénaristes ont clairement misé sur les scènes de combat (on en compte au minimum trois qui s’éternisent), ce qui fait la part belle à l’action et délaisse complètement ce qui aurait pu nous mener à nous attacher aux personnages. Aussi, on dirait que la série cherche son rythme sans réussir à atteindre cet équilibre parfait entre caméra nerveuse et plans fixes lors des scènes plus intimes.

 

Certain comparent la série à 24 ou Alias alors qu’elle a tout à leur envier. Non seulement il est impossible de mettre Ashley Judd au niveau de Jennifer Garner, mais la réalisation est bien moins ficelée que celle de Surnow et Cochran, qui arrivaient à faire mourir de stress des téléspectateurs au souffle coupé à chaque nouvelle « heure » que Jack Bauer passait à sauver le monde.

 

Les producteurs sont pourtant bourrés de bonnes intentions, et on le sent rien que dans les lieux de tournage ; Missing est tournée à Prague, Istambul, Rome et Paris, lieux dans lesquels l’action est censée se dérouler. Pourtant, alors qu’il serait aisé d’imaginer que ce choix apporterait de l’authenticité à la série, celle-ci pâtît du syndrome « tout est en toc ».

 

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(La tour Eiffel en carton)

 

De ce fait, même si les décors sont réels, on a tout de même l’impression que tout a été tourné devant un fond vert, et que le Colisée risque de s’écrouler si on lui donne un coup de coude.

 

Ne restent alors que deux éléments qui pourraient sauver la série ; les acteurs secondaires et l’histoire.

 

Pour cette dernière, il est clair que les scénaristes manquent cruellement d’inspiration. Non seulement les évènements sont extrêmement prévisibles (la héroïne qui se fait poursuivre dans la rue, qui découvre des détails sur les photos que son fils avait dans son téléphone portable, le cliffhanger qui laisse à penser qu’elle va mourir) mais le fil rouge peine à tenir en haleine. Certes, l’enlèvement de son fils est intriguant, mais la seule question que l’on se pose vraiment, c’est « pourquoi ? ». Missing gagnerait à se focaliser sur le passé d’agent de Becca Winstone, sur les dessous de la CIA. Pour une fois, on en vient à espérer qu’il y ait plus de mystère et plus de choses que l’on ne comprenne pas immédiatement.

 

Quant aux personnages secondaires, ceux-ci sont, pour l’instant, d’une transparence inégalable. Le fils est beau, gentil, aimant alors que le « chef » du bureau français de la CIA se laisse facilement attendrir par les beaux yeux de Ashley Judd. Pendant ce temps, la meilleure amie noire (Alerte au Token) passe sa vie à couper des fleurs et à être gentille, tandis que son ex (amant et collègue) italien l’aide à s’échapper mais n’oublie pas de montrer combien il est attentionné et poilu. En lui donnant un bain.

 

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(Un italien attentionné poilu qui donne un bain)

 

Au final, on ne peut qu’offir une mention spéciale à Sean Bean, qui a été à la hauteur de sa réputation


Mais vu qu’il est crédité en tant que personnage régulier au générique, on peut tout de même douter du caractère définitif de sa mort. 

Publié dans Présentations

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