The patterns are hidden in plain sight

Publié le par sharkjumping

Le 25 janvier dernier, FOX a diffusé sa dernière production en date : Touch.

 

ShowImages Touch


Il est difficile de ne pas ajouter « avec Kiefer Sutherland » juste après le nom de la série, vu que c’est ainsi que toute la promo de Touch a été faîte, depuis des mois.

 

 

Evidemment, FOX est la chaîne qui a diffusé 24, la chaîne qui a rendu Jack Bauer célèbre et évidemment, comme lorsque l’on compare Alcatraz à Lost, on est tenté de comparer Touch à 24, et Martin Bohm à Jack Bauer.

 

 

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(L'image un peu fractrurée qui ne peut que nous rappeler l'écran découpé en plusieurs morceaux dans 24) (mais FOX ne mise pas du tout sur Kiefer pour faire de l'audience, hein!)

 

Sauf qu’il se trouve qu’à part Kiefer, il n’y a pas grand chose qui puisse rapprocher les deux séries. En fait, le nom qui la qualifie le mieux est propre ; j’ai nommé Tim Kring.

 

Vous ne le connaissez sûrement pas et pourtant, Tim Kring a créé une grande série qui a malheureusement explosé en plein vol et s’est terminée tristement, Heroes (NBC).

 

On retrouve sa patte dans chaque plan, extrêmement travaillé, une esthétique moderne et des gros plans pas trop clichés, ainsi que dans les dialogues (beaucoup de scènes se passent à l’étranger en langue originale, en particulier l’arabe et le japonais pour cet épisode Pilot). Ainsi, je suis partagée entre deux sensations étranges ; l’impression d’avoir passé un bon moment (je n’ai pas vu le temps passer pendant ces 40 minutes) mais aussi l’impression d’avoir gobé tout et n’importe quoi juste parce que c’était bien amené et joliment filmé.

 

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(Le monde selon Tim Kring, c'est un peu comme une map de tes Facebook Friends)


Laissez-moi développer.

 

Il suffit d’essayer de narrer le pitch de l’histoire pour se rendre compte que la série tente de nous faire avaler un concept tout de même assez osé ; un père de famille (notre bon Kiefer) essaie à tout prix de communiquer avec son fils autiste qui ne parle pas (sauf en voix-off, pratique) mais qui peut en échange prédire l’avenir.

 

Grâce à des chiffres.

 

Ouais.

 

Surtout que pour le premier épisode, ils n’étaient pas très inspirés. Ca tournait tout de même beaucoup autour des mêmes nombres…

 

           Capture-d-ecran-2012-02-07-a-16.56.11.png   Capture d’écran 2012-02-06 à 23.25.26   Capture-d-ecran-2012-02-06-a-23.30.02.png 

 

(A côté, la suite de nombre qui rend fous tous les personnages de Lost, c’est de la gnognotte)

 

Du coup, Jake, le garçonnet surdoué, réussit à faire tourner en bourrique son père pendant tout l’épisode (et le téléspectateur avec) avant que la solution à toutes ces fausses pistes n’arrive qu’aux alentours de la 35è minute (comme d’habitude, me direz-vous),  et qu’on en vienne vraiment à se demander où sont passées les trente-cinq autres.

 

Parce que concrètement, Jake voit des chiffres partout (à la limite ça, ça m’arrive aussi) ; numéros de téléphone, l’heure, grilles de loto, plaque d’immatriculation et insignes en tout genre. Sauf que lorsque vous et moi décidons plutôt d’ignorer ces chiffres parce que perso j’en ai rien à taper du numéro sur le badge du conducteur de mon bus, Jake les note consciencieusement dans un petit carnet.

 

Et après il prédit l’avenir.

 

Bon, là je me moque un peu. Tout part du principe que les évènements pourraient être prédits car ils répondent à des formules mathématiques que seuls quelques « heureux élus » peuvent observer et comprendre. Il y a des suites de nombres qu’on retrouve dans n’importe quoi, dans les étoiles, dans un coquillage ou encore dans un ananas. Oui.

 

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(Un ananas)

 

Du coup il semblerait que le petit Jake pourrait prédire l’avenir grâce aux nombres, et donc arriver à communiquer d’une manière un peu spéciale avec son papa, pour que ce dernier réussisse à empêcher les évènements malheureux de se passer.

 

L’idée centrale de Touch est que tous les êtres humains sont liés entre eux et que certains sont destinés (et c’est prouvable statistiquement) à se rencontrer.

 

C’est là que la magie de Tim Kring prend toute son ampleur; il parvient à nous faire croire que tout ça est fort plausible, en suivant différents personnages et ne restant pas juste focalisé sur Kiefer et son fils. Ainsi, on fait connaissance avec de nombreux personnages dont les vies sont amenées durant tout l’épisode à se toucher (hohoho), s’entremêler et s’influencer. La manière dont ces personnages se croisent sans vraiment s’en rendre compte n’est pas sans rappeler Heroes et le temps qu’il a fallu pour que tous les protagonistes se rencontrent et se connaissent.

 

La série présente donc de nombreux points positifs qui éclipsent pour l’instant les points négatifs… Mais résumons avec des tirets, parce que c’est plus joli et que ça amène une jolie conclusion :

 

 

CONTRE :

- Le gamin qui se met pour la première fois de sa vie à toucher son père à la fin de l’épisode

- L’assistante sociale qui manque de profondeur (mais ça vient plus de l’écriture du rôle que de l’actrice qui se débrouille pas mal) (un peu comme Kristen Bell dans House of Lies dont le personnage ne sert toujours à rien)

- L’omniprésence des nombres inutiles : certes la suite numérique qui permet de prédire les évènements est utile, en revanche le fait de tout relier aux nombres 3-1-8 dans le Pilot est inexplicable et peu crédible.

- L’impression que la série ne sera qu’une succession d’épisodes individuels sans grand « mystère » ou même sans histoire fil rouge à part la relation entre un père et son fils, et ça peut vite devenir lassant.

 

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(Pour passer le temps, certains enfants lisent des bande-dessinées... D'autres recopient des chiffres à l'infini dans un carnet format A1) 

 

POUR :

-  Kiefer Sutherland qui se prend un coup de poing qui le met K.O, pas comme quand Jack Bauer pouvait se faire trancher un bras à la tronçonneuse et tout de même réussir à désamorcer une bombe avec ses dents

- Les différents personnages, en espérant qu’on se focalisera tout de même un peu plus sur eux

- L’esthétique

- Les dialogues en arabe et japonais

- La petite scène à la fin avec les photos de la petite fille qui sont projetés sur tous les écrans publics de Tokyo (il faut avoir vu l’épisode,  certes), cliché et surréaliste mais ça m’a émue (comme si j’avais mangé un Hello Kitty enroulé de Barbe à Papa)

 

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(Avec la musique et l'ambiance, c'est quand même émouvant. C'est pas de ma faute.)

 

Au final, j’ai mis les « POUR » en dernier donc vous vous doutez que je vais continuer à regarder la série. Ce n’est cependant ni pour Kiefer Sutherland (qui est tout de même capable d’expressions faciales, et ça, c’est honorable) ni pour l’autiste qui prédit l’avenir, mais pour Tim Kring et son talent. En espérant qu’il réussira à légèrement transformer Touch pour lui donner plus une image de « série-chorale », genre qui lui réussit bien mieux.

Publié dans Présentations

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Un mec pas mal sympa 07/02/2012 19:37

Je préfère les carnets raisin pour recopier des chiffres perso

Loic 07/02/2012 17:26

Je ne savais pas que Tim Kring avait créé cette série, du coup je vais m'empresser de regarder le Pilot ! Merci :)

Loic 07/02/2012 17:23

Je ne savais pas que Tim Kring avait créé cette série, du coup je vais m'empresser de regarder le Pilot ! Merci :)