What is the new normal?

Publié le par Marie Turcan

Il y a une semaine, la chaîne NBC a diffusé les deux premiers épisodes de la nouvelle série de Ryan Murphy (Nip/Tuck, Glee, American Horror Story), The New Normal. Pour faire une critique complète de ces quarante premières minutes, il s’agit de séparer cet article en deux.

 

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Le contexte

 

Ryan Murphy a l’habitude de faire couler beaucoup d’encre depuis ses débuts, portant une affection toute particulière aux images et sujets souvent controversés. Si dans Nip/Tuck, il n’hésitait pas à montrer des scènes de chirurgie particulièrement graphiques, c’est aujourd’hui le thème de l’homoparentalité qui le projette sous les feux de la rampe.

 

La série a donc le mérite d’exister, représentant pour la première fois sur les écrans de télévisions un couple homosexuel qui a recours à une mère porteuse pour avoir un enfant. Elle arrive paradoxalement en même temps que Partners (CBS), une autre production qui a pour protagoniste principal un gay assumé (Michael Urie) et son meilleur ami hétéro.

 

Seulement le collectif One Million Moms est arrivé et a frappé fort, en accusant tout bonnement Ryan Murphy d’être « ouvertement homosexuel » et « d’imposer sa bien-pensance et son mode de vie aux adolescents ». Ce dernier a répondu qu’il avait l’habitude des critiques, mais que sa série n’était pas uniquement censée représenter deux gays, mais aussi tous les types de famille « non conventionnelles ». The New Normal dépeint en effet également la vie d’une mère célibataire, de sa petite fille un brin étrange ou encore d’une quinquagénaire amère qui vit toute seule.

 

Les premières scènes regorgent évidemment de bons sentiments : on voit une femme naine en couple avec un homme de plus grande taille, une femme blanche et un homme noir qui sont tous les deux sourds… Bref, Murphy a pris ses grands sabots pour montrer au public que la famille « traditionnelle » n’est plus la norme, et que c’est toute cette diversité qui constitue les couples d’aujourd’hui. Cela n’a pas suffit à la une chaîne affiliée à NBC dans le Utah, qui a refusé de diffuser la série sous prétexte que celle-ci contiendrait des « dialogues sexuellement explicites et dégradants et encourageant les stéréotypes », pas parce qu’elle dépeint un couple gay.

 

The New Normal a donc réussi à faire beaucoup de bruit et à soulever quelques débats intéressants, mais on peut douter de sa capacité à faire réellement changer d’avis ses détracteurs. Qu’en est-il de la série en elle-même ?

 

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(Des bons sentiments qui dégoulinent)

Le contenu

 

Il s’agit à présent d’exclure légèrement le contexte pour se focaliser sur la production de Ryan Murphy, qui accumule les faux pas. Il ne fallait pas s’attendre à une série révolutionnaire digne d’une chaîne câblée, mais on aurait tout de même pu espérer mieux de la part d’un scénariste lui-même homosexuel (et un staff très queer), qui aurait pu éviter de tomber dans de nombreux clichés.

 

En premier lieu, les deux hommes en couple se doivent d’avoir des rôles bien déterminés : l’un suit la mode, parle avec une voix aiguë et adore le shopping tandis que l’autre fait peu attention à ses vêtements et aime regarder le foot sur un canapé en s’enfilant des bières. Le stéréotype est gros ? Il est pourtant réel et immanquable : tous ces éléments ont lieu avant que la cinquième minute du premier épisode ne se soit écoulée.

 

On n’échappe pas non plus au retour de Sue Sylvester (Glee), qui prend cette fois les traits de Ellen Barkin, la grand-mère machiavélique, raciste et homophobe qui incarne tout ce contre quoi les scénaristes se battent. Reste la petite fille qui n’est pas sans rappeler Justin dans Ugly Betty ou Roscoe dans House Of Lies, soit un enfant exubérant donc différent et par conséquent rejeté par ses camarades de classe. Dans The New Normal, la petite Shania joue à imiter Little Edie du documentaire américain Grey Gardens, s’afférant d’un voile et répétant à longueur de journée des répliques tirées du film. 

 

Ainsi, comme la série est supposée reposer avant tout sur ces personnages, elle ne parvient pas à accrocher le téléspectateur et lasse vite, très vite. Même les répliques les plus piquantes (lancées par Ellen Barkin) ne parviennent pas à remonter le niveau.

 

Au final, une série qui marquera plus par son existence que par son contenu. 

Publié dans Présentations

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