« You don’t know Sex And The City and you’re not on Facebook? You’re so fucking classy… »

Publié le par sharkjumping

HBO n’est pas seulement une chaîne de télévision (ils le disent eux-mêmes ; « It’s not TV, it’s HBO »), c’est un signal. Lorsque HBO sort une nouvelle série, il y a neuf chances sur dix pour que la qualité soit au rendez-vous, et qu’on échappe aux clichés servis des millions de fois par les networks.

 

Girls fait partie de ces nouvelles séries.

 

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Outre le fait que nommer une production ainsi réduit considérablement les chances de la trouver du premier coup lorsqu’on effectue une recherche Google, la nouvelle série de HBO a tout pour plaire.

 

Alors que celle-ci utilise un thème vieux comme le monde (ou du moins comme Friends), des jeunes gens « struggling » à New York, elle réussit l’impossible en provoquant à la fois des rires et de l’attachement pour des personnages banals.

 

Ce que Girls n’est pas

 

1) Gossip Girl

 

Il y a « fille » dans le titre, et il y a New-York, mais la comparaison s’arrête là. On est bien loin des Serena Van Der Woodsen et des Chuck Bass, loin de Chanel et des Louboutins.

 

Dans Girls, on ressemble l'actrice principale (voir ci-dessus, affiche promotionnelle).

 

Certes, Lena Dunham, qui joue Hannah, est une des seules à ne pas obéir aux diktats de la minceur et des lèvres pulpeuses, mais c’est déjà un très bon début. Rajoutons son « petit-ami », ou plutôt le mec le moins classieux de la terre, qui profite juste de la mauvaise estime de soi de la protagoniste pour s’envoyer en l’air, et on commence à voir se dessiner l’esprit de la série.

 

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Ces gens ne sont pas affreux, ils sont juste normaux. Ils vivent même dans le vrai New-York, là où Monica et Rachel n’auraient jamais pu se payer l’appartement dans lequel elles ont évolué pendant 10 saisons de Friends. Dans le vrai New-York, Hannah le dit elle-même « I calculated, and I can live in New-York for three-and-a-half more days. Maybe seven if I don’t eat lunch ».

 

Eh oui, New-York coûte cher. D’ailleurs, certaines des répliques rappellent beaucoup la mode des memes sur NYC ou autres vidéos dans la même lignée. Hannah va donc devoir trouver rapidement un job, puisque ses parents viennent de lui couper les vivres (à juste titre, pourrait-on argumenter), mais elle refuse de travailler chez MacDonald’s. Bref, le combat de tout étudiant diplômé new-yorkais qui se retrouve projeté dans la vie active et qui galère, mais qui veut tout de même un bon emploi et surtout ne pas renoncer à vivre dans l’une des capitales les plus chères du monde.

 

Ce qui est sûr, c’est que Hannah et ses amies ne se baladeront sûrement jamais dans l’Upper East Side et ne risquent pas de croiser le chemin de Blair Waldorf. Grand bien lui en fasse, car ce n’est pas ce que l’on attend de la nouvelle comédie de HBO. L’adjectif qui revient le plus souvent dans les critiques que l’on en fait est « réaliste », ce fameux petit mot dont les productions des chaînes du câble peuvent le plus souvent se réclamer.

 

D’ailleurs, on a, de ce fait, du mal à comprendre une des affiches de HBO, qui vient jurer avec l’esprit de la série, en mettant en scène les quatre actrices comme si c'était une photo promo de la saison 22 de Pretty Little Liars (ABC Family).

 

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Où sont donc les personnages qui font ça ?

 

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Ou ça ?

 

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2) Sex And The City

 

Oui, Hannah veut devenir écrivaine et elle vit à New-York, mais elle n’est pas Carrie Bradshaw pour autant. Pour preuve, lorsque cette première décide d’expliquer à ses parents pourquoi elle écrit, elle se lance dans un plaidoyer qui se termine par « I may be the voice of my generation ! ». Mais lorsqu’elle n’obtient que des haussements de sourcils sacrastiques en guise de réponse, elle modifie un peu son discours : « Or at least, a voice. Of a generation ».

 

Et pourtant, elle a entièrement raison, et j’aime à croire que secrètement, Lena Dunham (qui est à la fois actrice principale et créatrice de la série) pense qu’elle est la voix de sa génération. Celle qui se perd dans les fantasmes véhiculés par des séries trop glamours et qui cherche parfois à se reconnaître dans le ridicule, le saugrenu, l’improbable, le différent, dans le New-York de tous les jours où il est plus fréquent de se faire alpaguer par un sans-abri que d’exhiber sa dernière robe Alexander McQueen.

 

Dunham s’accorde d’ailleurs le petit plaisir de reconnaître la comparaison à SATC dans les premières minutes de l’épisode Pilot, lorsque Shoshanna s’adresse à Jessa, l’amie hipster british qui revient tout juste de son voyage en Europe (et qui évidemment, ne connaît pas Sex And The City)

 

Shoshanna : « You know, you’re funny because you’re definitely a Carrie, with like, some Samantha aspects, and Charlotte haire. That’s like, a really good combination. »

 

Pour ce qui est du sexe, il ne faut pas nier qu’il est beaucoup représenté... Mais tellement loin des soirées érotiques que Carrie partageait avec Mister Big ! Dans Girls, le sexe est un peu foireux, pas vraiment excitant et même parfois gênant, mais il est extrêmement présent et on en parle sans tabous. 


3) Friends

 

Autre série qui se déroule à New-York dont les personnages ont entre vingt et trente ans (du moins au début), Friends pourrait être une influence de la production de HBO… Mais non. Définitivement non.

 

L’amitié dans Girls n’est pas représentée comme un lien indéfectible mais comme des relations complexes qui apportent leur lot de soutien mais aussi de désenchantement et de disputes. La particularité de la série réside dans le fait que si les personnages ne sont que rarement filmés seuls, ils sont pourtant tous plus égoïstes les uns que les autres.

 

Et ça, c’est la vérité que David Crane, Marta Kauffman et Kevin Bright n’ont jamais osé dire à leur public : l’amitié c’est beau, mais en réalité, l’égoïsme est souvent de mise.

 

 

Mention spéciale à tout le casting, aussi exceptionnel qu’inconnu (à part Zosia Mamet vue récemment dans Mad Men), ce qui ne fait que rajouter du mystère à la série, dont on a plus qu’envie de découvrir les autres neuf épisodes de cette première saison.

Publié dans Présentations

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Flo1660 17/04/2012 13:30

Me voilà sur votre blog lol.

J'ai découvert cette série, dont je n'avais pas entendu parler, ici et votre critique a éveillé ma curiosité et mon envie. Le sigle HBO m'y incitant également.

C'est bien sympa. On est super loin des clichés et ça fait plaisir. On a les vies des ces jeunes filles et ce qu'elles ont de plus fourbes. Moi qui est a peu près leur âge et un peu dans la même
situation, c'est à dire trouvé un CDI, je me suis retrouvé dans leurs problèmes et ils ne sont pas surfaits. Du point de vue identification aux personnage, ça marche et c'est agréable.
On est dans l'anti-Gossip Girl. Autant dans Gossip Girl, j'en n'ai jamais eu rien à foutre de leurs histoires à cause de la cuillère en argent que les personnages ont dans le bouche en permanence,
autant là j'ai été touché et pris d'intérêt.
Les Américains ne sont pas mauvais non plus dans ce qui est à caractère social. M'enfin, il faut du savoir-faire HBO pour arriver à ce résultat.